5 000 euros. C’est le plafond fixé par Pôle Emploi pour accompagner ceux qui franchissent le cap d’un nouveau job ou d’une formation loin de leur domicile. Depuis 2014, l’organisme propose un soutien financier destiné à alléger le coût d’un déplacement professionnel de plus de 60 kilomètres : hébergement, repas, kilomètres parcourus, rien n’est laissé au hasard. Toute demande passe par un conseiller, à condition de remplir les critères d’attribution. Pour savoir si vous entrez dans les cases, si l’aide à la mobilité correspond à votre situation, ou comment monter un dossier solide, tout est détaillé dans ce guide.
Pôle Emploi et l’aide à la mobilité : nouvelle donne
Depuis le 20 janvier 2014, les anciens dispositifs (allocation journalière de déplacement, aide à la double résidence, soutien au déménagement) ont été remplacés par l’aide à la mobilité dite « globale ». Désormais, toute personne amenée à se déplacer à plus de 60 kilomètres de chez elle pour retrouver un emploi ou suivre une formation peut demander la prise en charge de ses frais de déplacement, d’hébergement et de repas, ou obtenir des bons de transport.
Que vous soyez inscrit sur les listes de Pôle Emploi ou non, cette allocation peut atteindre 5 000 euros par foyer et par an. Toutefois, fini le remboursement des déménagements. L’aide cible vraiment les frais liés aux déplacements pour accéder à un travail ou une formation.
Qui peut bénéficier de l’aide à la mobilité ?
L’aide à la mobilité concerne principalement deux profils : les personnes en recherche active d’emploi et celles qui démarrent une formation professionnelle.
Mobilité et retour à l’emploi : pour qui ?
En 2021, ce coup de pouce s’adresse surtout à ceux dont les ressources sont limitées, et qui remplissent au moins l’une des conditions suivantes :
- Vous ne touchez pas d’indemnités chômage ou percevez le RSA socle
- Votre allocation chômage est inférieure ou égale au montant plancher de l’ARE (soit 29,38 € par jour en 2021)
- Vous n’êtes pas inscrit à Pôle Emploi mais vous reprenez une activité
- Vous bénéficiez du dispositif « emplois d’avenir »
- Vous créez ou reprenez une entreprise avec un statut de salarié
Suivre une formation et obtenir l’aide à la mobilité : comment ça marche ?
Pour les personnes souhaitant se former, les critères sont semblables : il faut être inscrit à Pôle Emploi et ne pas percevoir d’indemnisation, ou toucher une allocation inférieure au minimum ARE (29,38 € par jour).
Aussi, la formation suivie doit être financée ou cofinancée par l’un des dispositifs suivants :
- RPPA (rémunération de formation préalable à l’embauche)
- POEI (préparation opérationnelle à l’emploi individuelle)
- AFC (action de formation conventionnée)
- AIF (aide individuelle à la formation)
Point de vigilance : les formations portant sur la validation d’acquis, l’apprentissage ou le permis B ne sont pas prises en compte par cette aide. Ceux qui relèvent d’une préparation opérationnelle à l’emploi collective (POEC) financée par l’OPCO peuvent aussi accéder à cette aide.
Quelles sont les conditions à remplir ?
L’aide à la mobilité couvre les frais liés à l’hébergement, à la restauration et aux déplacements, sous forme de remboursement ou via des bons de transport. Pour y prétendre, il faut remplir plusieurs conditions :
- Le trajet à effectuer (aller-retour domicile/lieu de travail ou de formation) doit dépasser 60 kilomètres ou exiger plus de deux heures de transport quotidien. Cette distance est calculée selon l’itinéraire proposé par le site officiel de calcul de trajets.
- L’activité reprise ou le concours visé doit correspondre à un CDI, ou à un CDD d’au moins trois mois consécutifs.
Pour les jeunes tenus de poursuivre leurs études, un dispositif similaire existe, appelé aide à la mobilité baccalauréat.
Comment faire la demande ?
La procédure démarre auprès de Pôle Emploi, via un formulaire spécifique à compléter dans les temps. Attention à respecter les délais suivants :
- Dans les 7 jours après un entretien d’embauche ou le premier jour d’un concours
- Dans les 30 jours suivant la prise de poste ou l’entrée en formation
Il est indispensable de fournir les justificatifs adaptés pour valider votre demande :
- Billet de transport ou facture pour les trajets (si vous utilisez votre véhicule personnel, la distance est calculée à partir des adresses sur un site dédié, aucun justificatif n’est exigé)
- Factures d’hébergement
Quel montant pour cette aide ?
Le montant dépend du type de frais engagés. L’indemnité journalière maximale est plafonnée comme suit :
- Hébergement : jusqu’à 30 € par nuit
- Repas : jusqu’à 6 € par jour
- Kilométrage : jusqu’à 0,20 € par kilomètre parcouru, aller-retour compris
- Bons de transport : le montant correspondra au prix du trajet entre votre domicile et le lieu d’emploi ou de formation
Combien de temps avant le versement ?
Il est possible de cumuler différentes prises en charge dans la limite de 5 000 euros par an, calculée à partir de la date du premier versement. Les modalités de paiement varient :
- Pour une reprise d’emploi : le remboursement intervient dans le mois suivant le retour au travail, sur présentation des justificatifs
- Pour une formation : le règlement suit le calendrier de la formation, toujours dans la limite des plafonds annuels
Un nouveau poste, une formation loin de chez soi : la mobilité peut vite devenir un casse-tête financier. Avec ce dispositif, Pôle Emploi donne un coup de pouce concret, au bon moment. Reste à anticiper, à bien préparer sa demande et à réunir les documents nécessaires. Un long trajet ne se mesure pas qu’en kilomètres : c’est souvent la première étape d’un parcours professionnel qui s’invente, chaque jour, un peu plus loin.

